Le bénévolat, un don de temps... Le bénévole, un bienveillant...

«Le bénévolat est un don de temps».

Bien des années après mon cancer pédiatrique, je suis devenu bénévole à Locomotive en 1997.

Il fallait que je donne de ce temps que la vie m’avait finalement encore accordé. Donner pour partager cette étrange expérience de vie faite de douleurs, d’incompréhension, parfois de profonde solitude, de bagarres et luttes acharnées face à la maladie. J’ai été présent pleinement sans compter, porté par l’énergie positive qui émane de LOCOMOTIVE et de ses bénévoles.

«Le bénévole est un bienveillant».

Être bénévole avec toute la bienveillance qui est nécessaire pour écouter et accompagner les enfants et les familles qui sont confrontés à la maladie. Pourquoi suis-je toujours bénévole à Locomotive ? Parce que je connais pertinemment les besoins des enfants et leur famille.

Pourquoi ai-je été malade ? Je ne sais pas. C’est la vie. C’est une vie, ce pourrait être la vôtre, c’est la

mienne ; et j’en partage son histoire avec l’Autre, bénévolement.

Joël De Vecchi, bénévole à La Communication & à L’aurore

 

Sans blouse, sans stéthoscope, mais équipés d’un bon nombre de sourires-sparadraps dans nos poches, on s’élance dans les couloirs, prêts à déverser nos couleurs dans les chambres. Et quand on entre dans leur monde, on est bien surpris que ce soit en fait les enfants eux-mêmes, avec leur sourire qui plafonne le ciel, qui nous offrent généreusement des instants de bonheur.

On vient dans l’idée de les aider, les accompagner, mais ce sont eux qui nous tendent leurs petites mains et nous font grandir. On les attend fragiles et ils sont forts.

Deux yeux, deux jambes, un coeur plus grand qu’eux, des dessins sur les murs, beaucoup de rêves : des enfants comme les autres, à cela près qu’ils cohabitent avec un monstre sous leur lit depuis quelques temps. Mais le monstre reste bien caché et les enfants nous entraînent joyeusement au centre de la vie ; les heures filent, les parties de Uno endiablées s’enchaînent, les feutres ont rempli les feuilles de mille et une couleurs, et l’on ressort du Service aussi légers qu’un ballon gonflé à l’hélium, avec leurs éclats de rires qui résonnent et une seule envie : être heureux, rendre les autres heureux.

Voilà pourquoi je suis bénévole aux Locom@tiks : parce que c’est un échange permanent, parce que chaque rencontre est un véritable trésor et que je ne vivrai nulle part ailleurs des moments de cette intensité, parce qu’il n’existe pas vraiment de mot pour décrire ce que vaut le sourire d’un enfant, parce qu’ici ça déborde d’amour et que la vie bat son plein, et parce qu’au fond, le bonheur est sans doute le meilleur des médicaments.

Caroline, bénévole Locomatik

 

Partage avec l’autre

Quand je cherche à définir ce qui m’a décidée à devenir bénévole, je trouve tout à la fois un facteur déclencheur très précis - une émission sur radio Grésivaudan qui présentait Locomotive! - et une envie plus vaste, globale, plus profonde.

C’était une envie de progresser dans ma relation au monde, aux autres, et à moi-même.

Avais-je à ce moment une définition de ce que peut être un « accompagnement » ? Je me souviens en premier l’avoir vécu, à travers l’accompagnement entourant les nouveaux bénévoles ! L’invitation à la formation sur l’écoute active, l’implication du bureau de Locomotive et des pilotes de commissions pour m’accueillir ont donné tout son sens à ce mot qui revoie étymologiquement au « partage avec l’autre ».  Merci !

Je souhaite pouvoir être présente pour ceux à qui un moment de partage, d’écoute ou de reconnaissance pourrait être profitable. J’admire l’énergie déployée par l’association pour rendre ces moments possibles et me réjouis de pouvoir y participer !

Que m’apportent les permanences Café-Croissants ? C’est de pouvoir offrir ma simple présence, mon écoute sincère. Cet échange, quelle qu’en soit la forme, me permet d’incarner humblement ma présence au monde en tant qu’être humain.

Christine, bénévole aux café-croissants

 

En toute humilité...

Lorsque l’on a un enfant atteint de cancer ou de leucémie, les soins sont souvent longs...

Ceci tend à rapprocher les parents entre eux et à créer une relation très particulière. Comme si être soi-même et la simplicité du rapport avec les autres devenaient naturels et évidents.

J’ai retrouvé avec ces parents que je rencontre lors des Café-croissants toute cette humilité.

Mais également avec tous les autres bénévoles de LOCOMOTIVE.

Il n’y a parfois pas besoin de paroles, on se comprend du regard.

Philippe GOMEZ DE MERCADO, bénévole aux Café-croissants

 

A la rencontre du public et de mes émotions

Les multiples événements organisés toute l’année par nos partenaires sont des temps de grande convivialité et de rencontres toujours différentes. Enfants, lycéens, adultes, chacun a son parcours et son envie de partager mais toujours la plus grande gentillesse et le plus grand respect des parcours difficiles vécus par les enfants et les familles.

La maladie touche largement autour de nous et la rencontre du public lors des événements ne dément pas cela : l’écoute est souvent très forte lorsque l’on va vers les passants et cela me donne la force de faire cette démarche qui n’est pourtant pas facile. Mais la cause est juste et la pensée des enfants ou des parents qui pourront bénéficier de moments de joie, grâce à ces récoltes financières, me poussent à sortir de ma réserve, à aller vers cette rencontre et j’en reviens toujours chamboulée mais ravie.

Agnès BOULAYE, bénévole à la Com & Partenariats

 

Témoigner qu’aller mieux est possible

Maman endeuillée de ma fille Nathalie, je suis, avec d’autres mamans, à l’origine de la création de L’aurore au sein de LOCOMOTIVE en 1994. LOCOMOTIVE, c’est là où j’ai pu parler de ma fille Nathalie, pleurer, parler de ma souffrance. Rencontrer des parents qui vivaient le même « accident de vie » m’a aidé à me comprendre, à me sentir moins seule. Ces moments de partage ont participé à ce que j’aille de mieux en mieux dans ma vie.

Au fil des années, mon besoin de parler de mes émotions avec d’autres parents a évolué vers un besoin de partager avec eux ce que m’avait apporté les groupes de paroles : écoute, réconfort, confiance, amitié, respect… pour témoigner qu’il est possible d’aller mieux un jour même si c’est long, douloureux, difficile.

LOCOMOTIVE a été et est encore aujourd’hui ma deuxième famille. Sans la présence, la gentillesse et l’écoute des bénévoles de LOCOMOTIVE je ne sais pas comment ce serait passé toutes ces années.

MERCI à toutes et tous,

Chantal SIMON, bénévole à L’aurore

 

Cette association m’avait été recommandée par l’un de mes enfants, qui en avait entendu parler. Bien sûr, dans la démarche de m’investir dans le bénévolat, il y avait le besoin de pouvoir exprimer de la générosité voire de l’empathie envers des personnes dans la souffrance. Mais il y avait aussi le besoin de donner de mon temps et de remplacer les activités perdues par des activités nouvelles.

Je me souviens bien de mes débuts. Bénévoles anciens et nouveaux, qu’ils aient été parents d’enfants malades ou non, comme c’était mon cas, se réunissaient tous les jeudis après-midi. Ces réunions hebdomadaires se tenaient déjà au local. J’y participais souvent silencieusement, mais j’écoutais toujours attentivement le compte rendu des bénévoles qui, lors des «Café-croissants» de la semaine écoulée, avaient accompagné des parents d’enfants hospitalisés.

L’enthousiasme et le dynamisme contagieux d’une bénévole d’alors a largement facilité mon intégration. Je pense souvent à elle. D’emblée, deux manières de réaliser mon bénévolat se présentaient : être en relation d’écoute et de partage avec les parents d’enfants malades et donner un coup de main dans la gestion administrative de l’association.»

Madeleine… 21 ans de bénévolat